Un historique raisonné de l’AISE+T

Prof. Pierre Pellegrino, PhD, président d’honneur

Cet historique est rédigé pour présenter, à ceux qui ne la connaissent que fort peu, et rappeler, à ceux qui l’ont abondamment

fréquentée, ce qu’est notre Association Internationale de Sémiotique de l’Espace, et du Temps.

.....Depuis la seconde moitié du XXe siècle, la recherche sur la sémiotique de l'espace s'est développée, à partir de plusieurs points de vue et dans plusieurs directions. Ces recherches ont notamment débuté aux environs d'une date à laquelle, dans les années 70, nous avons, à Genève, sous l'égide des professeurs Martin Krampen et Luis Prieto, tenu plusieurs séminaires de recherche invitant des collègues étrangers à présenter leurs travaux, notamment Umberto Eco et Ugo Volli, et discuter d’une possible sémiotique de l’architecture.  

.....Une association, l’Association Internationale de Sémiotique de l’Espace, AISE, a été créée en 1974 déjà, à Urbino, à l’invitation du Professeur Paioni. Depuis cette date, des travaux ont été périodiquement repris et discutés dans cette association par ceux qui s’y sont regroupés; au début autour de Geoffrey Broadbent, Omar Calabrese, Paolo Fabbri, Manar Hammad, Martin Krampen, puis autour de Pierre Boudon, Alexandre Ph. Lagopoulos, Albert Lévy, Sylvia Ostrowetsky, Josep Muntañola, Pierre Pellegrino, et Irena Sakellaridou.  

.....Ces recherches ont donné lieu à plusieurs congrès et colloques, dont notamment, de manière fondatrice, les plus importants ont donné lieu à des publications générales : sous la direction de Martin Krampen, Alexandre Lagopoulos et Donald Preziosi, celui d’Andros 1985 qui donna lieu à un numéro spécial de la revue Espaces et Sociétés, édité par Sylvia Ostrowetsky et Pierre Pellegrino, sur le thème Espace et Sémiotique ; puis celui que nous avions organisé à Genève en 1991 réunissant des contributions telles que celles de Massimo Bonfantini, Jacques Geninasca, Jen-Blaise Grize, Lorenza Mondada, Luis Prieto et Thomas Sebeok, notamment, publié dans chez Anthropos, Paris, sous le titre Figures architecturales, formes urbaines.  

.....Ces recherches ont été par la suite publiées dans plusieurs collections scientifiques et revues de référence, notamment dans Semiotica, sous la direction de Thomas Sebeok, puis de Marcel Danesi, ou encore par exemple, dans le Cruzeiro Semiotico, la revue Communications la revue Degrés, le  Semiotic Web, ou le Zeitschrift für Semiotik. 

.....Ceux qui sont ou ont été membres de l’AISE, ou encore on contribué de près ou de plus loin à ses travaux, notamment dans des recherches en commun ou dans des congrès conjoints organisés avec d’autres associations sur le thème de la sémiotique de l’espace, sont pour certains des philosophes, des linguistes, ou des spécialistes des sciences de la communication, mais aussi des architectes ou des géographes, des sociologues ou des anthropologues, des historiens ou des archéologues, des psychologues ou des tenants des sciences cognitives, des informaticiens et des mathématiciens. On peut dresser un tableau à l’excellence et citer ici, avec ceux déjà mentionnés ci-dessus et ceux qui sont auteurs du présent ouvrage, entre autres :  

 

.....Abdel Malek Aarouf, Roman Abramov, Georges Albert, Tatiana Andreadou, Arsen Arakelyan, Bassem Ariguib, Madeleine Arnold, Julia Arutyunyan, Carlos I. Pérez Avendaño, Guadalupe Milián Avila, Dalia Ruiz Avilas, Antoine Bailly, Alexandre A. Barabanov, Ye. A. Barabanova, Juan Antonio Barcelò, Justin Ion Barobcea, Ema Bchir, Federico Bellentani, Ana Goutman Bender, Leïla Ben Dridi, Abdelkader Bensaci, Kamil Bernacki, Uwe Bernhardt, Anne-Claude Berthoud, Denis Bertrand, Augustin Berque, Daniel Bérubé, Alexey A. Bespalov, Irene Bierman, Jean-Claude Bignon, Börries Blanke, Karin Boklund-Lagopoulou, Massimo Bonfantini, Jean Samuel Bordreuil, Marie-Jeane Borel, Marc  Borillo, Julia Beltran Borràs, Claudio Borsari, Mario Botta, Philippe Boudon, Pierre Boudon, Paul Bouissac, Heddya Boulkroune, Kenza Boussora, Geoffrey Broadbent, N. I. Bugayeva, Jose Luis Caivano, Omar Calabrese, Claude Calame, Amira Cano, Jacob Nañuelos Capistràn, Marie Carani, Edgar Mòran Carreon, Francesca Caruana, Magda Saura Carulla, José Romera Castillo, Claude Castella, Fida Chaabane, Marta Susana Chitarroni, Françoise Choay, Boris Chuchkovitch, Stéphane Cirilli, Claudio Conenna, Marie-Pacale Corcuff, Michel Costantini, Daniel Coray, Lorenzo Covadonga, Aura Cruz Aburto, Macel Danesi, Christian Dehaynin, Susana Deiana, André Del, Gérard Deledalle, Gaëtan Desmarais, Catherine Deshayes, Verónica E. Dévalle, João Dias das Neves, Theodorios Didaskalou, Ali Djerbi, Luis Angel Dominguez, Claus Dreyer, Nassima Driss, Jean Guillermo Droguett, Martin Drouin, Bernard Duprat, Umberto Eco, Nold Egenter, Ricardo Espinosa, Moises Espirito Santo, Isabelle Excoffier, Paolo Fabbri, Gilles Falquet, Mrad Fares, Priscila Faria, Jean-Marie Floch, Jacques Fontanille, Pierre Frankhauser, Jaum Franquesa i Bartolomé, Marco Frascari, Michel Fuchs, Caterina Gaggero, Marco Gehring, Jacques Geninasca, Armen Godel, Josué Nathan Martínez Gómez, Marc Gottdiener, Jean-Pierre Goulette, Leonid L. Gourevitch, Pia Granzotto, Algirdas Julien Greimas, Jelena Grigorjeva, Jean-Blaise Grize, Ralitza Gueleva-Tzvetkov, Claudio F. Guerri, María del Rosario Giunta, Inre Grazuleviciute-Vileniske, Jacques Guillerme, Luice Guillemette, Maria Teresa Trejo Guzmán, Gabòr Hajnòczi, Manar Hammad, Toufik Hammoudi, Suzane Hauser, Christian Heath, Louis Hébert, André Helbo, Jorge Ferrada Herrera, Michael Herzfeld, Bill Hillier, Murielle Hladik, Graciela Hornia, Charles Hussy, Irina A. Ignatieva, Ulku Incekose, Valeri I. Iovlev, Terhi-M. Itkonen, Velinov Ivo Ivanov, Anna Ivanovna, Frédéric Jacot Guillarmod, Emmanuelle P. Jeanneret, Carolina Jiménez M, Alfredo T. Cid Jurado, Christo Kaftandjiev, Nadia Kajjou,  Nikos Kalogirou, Vladimik Kalutskov, Mathieu Koehl, L. P. Kholodova, Karen Klaue, Ekaterina V. Koneva, Alina Kozhevnikova, Martin Krampen, Nathalia Kunitskaya, Alexandre Ph. Lagopoulos, Cédric Lambert, Bernard Lamizet, Jean-Marc Lamunière, Micael Landzelius, Gavrilina Larisa, Svend Erik Larsen, Olga Lavrenova, Chantal Lecas, Raymond Ledrut, Hervé Lequay, Laurent M. Lescop, Anthony Leone, Yulia Leonova, Dimitry A. Leontiev, Albert Lévy, Sofia S. Liakhovetskaia, Caterina Virdis Limentani, Augusto Mesquitela Lima, Alfredo Linares, Shelagh Lindsey, Petruta Lipan, Pierre Litzler, Alexandre Liusyi, Ricardo Espinoza Lolas, Gisela López A., Pasquale Lovero, Setah M. Low, Sasha Lozanova, Jean-Claude Ludi, Wolfgang Luutz, Sven Mac Govern, Vadim Makharenko, Svetlana Makhlina, Oxana Makhneva, Katia Mandoki, Solomon Marcus, Dobrina Zheleva Martins, Isabel Marcos, Philippe Marin, Laura Adriana Hernández Martínez, Petros Martinidis, Jean-Pierre Martinon, Gianfranco Marrone, Kuklina Marvara, Saïd Mazouz, Marga van Mechelen, Lucio Melazzo, D. L. Melodinsky, Feriel Mezghani, Olfa Meziou Baccour, Ivan Mitim, Jorge Tarrago Mingo, Philippe Minguet, Serguey Mityagin, G. Ya. Mokeev, Hans-Georg Möller, Lorenza Mondada, Daniel Montello, Clément Morier, Milena Morzorova, Tatiana Morozova, Gianfranco Motta, Charazed Moussanev, Josep Muntañola Thornberg, Jose Maria Nadal, Emmanuel Nanchen, Françoise Navez-Bouchanine, Michel Nicolas, Ana Claudia Mei Alves de Oliveira, Zeynep Onur,  Sylvia Ostrowetsky, Ioulia V. Oudalova, Bernard Pagand, Pino Paioni, Bohumil Palek, Mario Panico, Jean-Claude Passeron, Françoise Paul-Levy, Pierre Pellegrino, Mirko Petric, Susan Petrilli, Vladimir M. Petrov, Isabella Pezzini, Olympio Pinheiro, Claudio Pirillo, Antonia Pizzigoni, Paola Poblete M., Stanislav Podusenko, Mariam Pogoshian, Svetlan Polyakova, Valentin Popov, Lozka Popova, Luis Jorge Prieto, Andrei Ptitsyn, Ana Celina Puebla, Maxime Putchkov, João Queiroz, Richard Quincerot, Andrew William Quinn, Andrei A. Raevski, Claude Raffestin, Anti Randviir, Placide Rambaud, Rosa María Ravera Eva Rewers, Jean Remy, Alain Renier, Alex Retejum, Gustavo Ribeiro, Doris Pachano Rivera, Nicolás Rosa, A. J. Rudakov, Sylvia Schwer, Serguey Rogachev, Anush Sahakyan, Irena Sakellaridou, Nora Elena Mesa Sanchez, Pascal Sanson, Pierre Sansot, Elizabeth Saporiti, Virve Sarapik, Thomas A. Sebeok, Lisel Seeligmann, Marion Segaud, Tayeb Sehad, Farouk Y. Seif, Andrey Sergueev, Vera Serkova, Krishnendra Shekhawat, Lúcia Santaella, Paulo Da Silva Santos, Filomena Silvano, Rodrigo Cortes Solano, Mohamed Abdel Souami, Vittorio Spigai, Constantin Spiridonidis, Frederik Stjernfelt, Iwao Takahashi, Frédérique Tanguy, Leonid Tchertov, Stephan-Immanuel Teichgraber, Kostas Terzidis, Nikolaos-Ion Terzoglou, Luciano Testa, Rem Tiit, François Tran, Kyriaki Tsoukala, Jean Umiker-Sebeok, Vaiva Vaitkeviciute, Diana Varela, Dobrina Varzonovtsev, Dragana Vasilski, Elena A. Vassina, Rodrigo Saavedra Venegas, Jurga Vitkuviene, Alexandra Volegova, Ugo Volli, Mathieu Vonlanthen, Adrián Gimate Welsh, Alexander Wolodtschenko, Hector Manuel Cortez Yacila, Hichem Yacoub, Yu. S. Yankovskaya, Elena Yushkova, Rim Zaabar, Sarantis G. Zafiropoulos, Olga Zalavskaya, Kestutis Zaleckis, Dobrina Zheleva-Martins, Donna L. Zimmerman, Olga Zinovieva, Santos Zunzunegui, Ricardo Zuquete. 

.....Le tableau est impressionnant ; mais l'Association Internationale de Sémiotique de l'Espace, et maintenant aussi du Temps, n'a pas l'ambition de couvrir et encore moins d’organiser tous les champs de recherche travaillés par les études sémiotiques. C'est plutôt un club ouvert, où se rencontrent périodiquement et de manière variable des chercheurs qui ont quelques résultats significatifs à présenter et partager avec  quelques uns de ceux qu'ils considèrent être leurs collègues. Avec le temps et les époques, les rencontres ont ainsi, autour d'un petit groupe qui évoluait, réunis différents collègues et de différentes provenances dans des réunions scientifiques orientées sur l'approfondissement et la discussion des questions traitées par les uns et les autres. 

.....Les réunions de l’AISE ont été organisées pour les majeures dans des congrès spécifiques, tenus successivement et tour à tour sous la présidence de Gérard Deledalle, de Manar Hammad, Martin Krampen, Alexandre Lagopoulos, Olga Lavrenova, Josep Muntañola Thornberg, Pino Paioni, Pierre Pellegrino, Alain Rénier, François Tran. Ces réunions furent d'abord à Urbino en 1981, de manière fondatrice, sur la Sémiotique de l’espace, Palermo en 1984, sur Sémiotiques théories et pratiques, puis Andros 1985, sur, Espace et sémiotique, du bâtiment à la ville et sa région ; puis à Urbino en 1998, sur L'espace dans l'image et dans le texte. Ensuite sur le thème général des Signes de l’humanité et sémiotique de l'espace, à Barcelone et Perpignan, en 1989 ; à Berlin, en, 1992, sur Sémiotique, esthétique et signification de l'espace ; à Berkeley en 1994, sur Synthèse dans la diversité :  espace et représentation de l’espace , architecture  sémio-topie et sémio-logie ; à Saint Petersbourg, en 1995, sur L’homme et la ville: espaces, formes et substances ; à Genève, en 1996, sur Figure architecturale et forme urbaine, articulations épistémologiques entre architectonique et sémiotique ; à Guadajaja, en 1997, sur Sémiotique entre nature et culture ; en 1997, à Thessalonique, sur Sémiotique et culture°;  en 1998 à Urbino, sur L’espace dans l’image et dans le texte ; à Dresden en 1999, Processus de signe et systèmes complexes ; à Barcelone, en 2000, sur Le futur de l’architecte, architecture, sémiotique et sciences humaines ; à Carthage, en 2001, Intersémioticité  de l’espace architectural, en son être, son paraître et sa fiction ; à Lyon, en 2003, sur Le Projet architectural ; à Barcelone 2004, sur L’architecture de l’in-différence ; à Strasbourg, en 2004, sur Les Formes du Patrimoine ; à Helsinki, en 2007, sur L'espace et le temps du projet dans la fabrication du monde contemporain, sa complexité, ses ambiguïtés, ses contradictions ; et plus récemment à Kaunas, 2017, sur Sémiotique et théorie de la forme : formes de perception, formes de mémoire et formes d’invention ; à Moscou, en 2018, sur Hétérotopie et paysages culturels ; en 2019, à Erevan, sur Etre et paraître, permanence et transformation de l’espace dans le temps : architecture et paysage, théâtre et performance ; enfin à Buenos Aires, dans le cadre du Congrès de l’IASS, 2019, nous aurons plusieurs sessions qui traiteront des Trajectoires du sens dans l’espace et dans le temps, et une table ronde en hommage à Luis Jorge Prieto. 

 

.....D'autres colloques se sont tenus à conjointement à ceux d’autres associations, notamment à l’initiative de l’Association Internationale de la Sémiotique Visuelle : à Blois, sous la présidence de Michel Constantini, en 1990 ; à Bilbao, 1992 sous la présidence de J.-M. Nadal et S.°Zunzunegui, Sémiotique et nouvelles technologies; style et identité visuelle, Images et signification visuelle, ; à Sao Paulo, en 1996, sous la présidence de Ana Claudia Mei Alves de Oliveira, Sémiotique de l’art, théorisation, analyses et enseignement. Images, visualité, urbanité et intertextualité ; à Québec en 2001, sous la présidence de Mair Carani, Sémiotique de l’espace et de l’architecture, modélisation de l’espace architectural et urbain, communication visuelle et sémiotique ; ou à Lisbonne, sous la présidence d’Isabelle Marcos, en 2011, sur Sémiotique de l’espace / Espaces de la sémiotique, Espaces - temps sémiotiques, urbanisation du temps et/ou désurbanisation de l’espace. 

.....Des réunions externes, mais néanmoins importantes, se sont aussi tenues à l’initiative de différents instituts notamment à Alby, sous la présidence d’Alain Renier, en 1981, sur Espace, représentation et sémiotique de l'architecture ; à San Marino, sous la présidence de Ginafranco F.°Marrone, en 2011, sur Le sens des formes urbaines ; et à Barcelone en 2014, sous la direction de Juan Antonio Barcelò,  sur l’Intelligence artificielle, l’héritage culturel et la reconnaissance de formes. Ces réunions ouvertes ont vu également des chercheurs apporter des contributions essentielles au développement de la sémiotique contemporaine. 

.....Dans une brève synthèse des travaux présentés et discussions tenues, je veux dans ce qui suit tracer sommairement les grandes lignes de quelques uns des principaux apports et des avancées qui ont pu être faites dans le champ de la sémiotique de l’espace et du temps.

 

Sommaire des champs et des thèmes traités  

..Sommaire des champs et des thèmes traités 

.....Le congrès de Palerme de l’International Association for Semiotics Studies de 1984 avait eu pour thème général la diversité dans la théorie et la pratique sémiotique, la prise en compte de l’histoire dans les sciences humaine et de la nature. Présent à ce congrès les membres fondateur de notre Association de Sémiotique de l’Espace y ont obtenu une reconnaissance des orientations des recherches qu’ils entendaient développer. Ce qui fut ainsi dès le début décisif pour leurs travaux, c’est cette volonté de maintenir et développer cette diversité, et non pas un alignement sur un courant de pensée plutôt qu’un autre ; ce fut parfois, il est vrai, au prix de discussions animées, mais précisément celles-ci permirent de mettre fac à fac des écoles qui ailleurs s’ignoraient. 

.....L’année suivante, en 1985, à Thessalonique, la Société Hellénique de Sémiotique organisa un colloque, qui consacra de fait nos premiers travaux dans les champs de l’espace et de la sémiotique de l’espace, les croisant sur des domaines allant du bâtiment à la ville et sa région. Ces travaux avaient été menés de façon séparée et à partir de points de vues tous pertinents, à partir de disciplines telles que la géographie, l’architecture, la littérature ou la linguistique. Il s’était agit alors de trouver des lieux de passage qui permettent de dédouaner les concepts avancés par les uns et les autres et de tracer des perspectives de discussions futures des avancées de chacun. 

.....A Barcelone et Perpignan, en 1989, un nouveau congrès de l’International Association for Semiotics Studies réunit notre groupe de chercheurs. Le congrès avait pour titre l’homme et ses signes. Il discuta des nouveaux moyens de communication dans le monde d’aujourd’hui, des nouveaux types de signes et des transformations des cultures, des valeurs et du sens même de la notion de culture. Chacun des domaines de connaissance demandait des interprétations spécifiques, à partir de modèles et de concepts liés aux disciplines respectives ; en effet les moyens de communication nouvcaux n’apportaient pas le même progrès dans chacun des domaines et en tous cas pas en même temps. 

.....Notre Association se retrouva en colloque à Berlin en 1992, pour prolonger le débat en traitant plus spécifiquement de la structure et de l’effet des messages artistiques, de l’esthétique et signification écologique de l'espace, de la définition de ce que peut être la notion même d'espace, de ce que peuvent apporter à ce propos la psychologie de la forme et psychologie de l'environnement..

.....Il ressortit de ce débat que: Pour les uns, la sémiotique trouve sa genèse dans le monde des animaux et des plantes, avant même celui des humains; pour ceux-ci la sémiotique n'est pas seulement l'étude de la communication, mais aussi de l'information que donne l'environnement à un organisme végétal, animal, ou humain; et cela dans une perspective diachronique. Pour les autres la sémiotique est strictement une science humaine, liée à l'intentionalité du sujet et à l'arbitrariété du signe; ils rejettent par là toute causalité hors de la forme sémiotique que prend le sens dans le signe. 

.....Quant à la notion même d'espace, elle opposa : D'une part  ceux qui considèrent que l'étendue homogène est première et que l'espace vient la découper de ses intervalles et de ses limites. Et d'autre part ceux qui posent au contraire la discontinuité comme première; donnée dans la matérialité des choses, la distance entre des traits de la réalité, lorsqu'elle est relevée par le sujet sémiotique, est alors mesurée comme dimension d'une composition pertinente  pour lui. On peut considérer qu'il s'agit dans le premier cas d'un espace analytique, décomposant la réalité matérielle des choses telles qu'elles sont indépendamment de nous, et dans le second cas d'un espace synthétique, composant un objet dont la réalité matérielle découle, la matière se composant dans la forme. Si l'espace est la forme que prend la réalité matérielle pour nous, cette forme peut être tant le mode de sa construction que de sa déconstruction. 

.....Visant à prendre une position à leur propos, non pas dans le sens d'une position exclusive, mais dans celui d'une position inclusive; le colloque a cherché à saisir les conditions d’une théorie englobante et discriminante tout-à-la fois. Une telle théorie est nécessaire en tous cas à l'architecture dont l'objet est à cheval sur celui des sciences de la nature et celui des sciences humaines.  

.....A nouveau, au congrès de 1994 de l’International Association for Semiotics Studies, à Berkley , la discussion porta sur les possibilités d’une synthèse dans la diversité, en affirmant comme postulat que l'ouverture et la tolérance en tant que thèmes inhérents à la méthode sémiotique suggèrent que les différences servent à renforcer plutôt qu'à diviser ; pour une discipline transversale telle que celle que la sémiotique entend développer, ce postulat est important, encore faut-il savoir le fonder non seulement sur une psychologie de groupe, mais dans la structuration même des champs de recherche. 

.....Pour notre association, nous avons ainsi été amenés à rediscuter alors de la notion même de sémiotique de l'espace, et ceci de façon prioritaire en cherchant à articuler sémio-topie et sémio-logie, notamment du point de vue génératif, et cela à propos de l’espace et la représentation de l’espace en architecture.  

.....A Saint Petersbourg, en 1995, notre Association a tenu un congrès autour de l'héritage du formalisme russe et de son apport à la sémiotique de l'espace comparativement à celui de la sémiologie saussurienne. Pertinences et pratiques de l’espace inscrites dans  une sémiosphère, espace, espace comme représentation du social ou espace comme lieu d'individuation furent les thèmes principalement abordés dans les présentations. Celles-ci avaient pour objet l’homme et la ville, et les forme d’unification de la multiplicité urbaine. Pour discuter de cet objet, les communications ont traité des formes et substances de l’espace urbain, de la perception de l’espace et de l’espace social de la ville, du dessin de l’espace urbain, ou encore de l’écriture de l’espace dans la mythologie d’une ville. 

.....A Genève, en 1996, dans son congrès notre Association a repris ce même objet en mettant l’accent sur les rapports entre figures architecturales et formes urbaines, comme entre rhétorique et morphologie, dans une approche cherchant à définir un métalangage sémiotique approprié à l’étude des espaces architecturaux et urbains ; la sémiotique étant un métalangage qui prend pour objets d’autres langages, la discussion fut alors de saisir si et en quoi l’architecture peut être comprise comme un « langage » de l’espace urbain, un code qui, parmi d’autres, en règle les pratiques autant que l’édification. Pour répondre à ces questions les principales recherches présentées dans ce congrès ont montré comment étudier les processus de signification et comprendre les formes selon lesquelles la signification de la ville se produit dans différents « langages » ; il s’agissait à cet effet notamment de saisir la part des différents codes dans la production du sens, leurs articulations et leurs décalages. 

.....A Thessaloniki, en 1997, à l’invitation de la Société Hellénique de Sémiotique, nous avons discuté des rapports entre sémiotique et culture ; le but du colloque était de discuter d’une conception compréhensive de la place de la sémiotique contemporaine, notamment face aux progrès des sciences en développement, mais aussi en redéfinition. Les frontières disciplinaires furent l’objet de discussions et l’on examina les déplacements: entre les sciences naturelles et les sciences humaines, entre les sciences théoriques, descriptives et appliquées, parmi des approches interdisciplinaires variées, entre les sciences, les arts et les religions comme activités humaines complémentaires. 

.....Ce débat préparait le congrès de l’Association  Internationale de Sémiotique, en 1997, à Guadalajaja, interrogeant les rapports entre nature et culture. Plusieurs courants de pensée apportent un éclairage nouveau, interrogeant les rapports entre nature et culture. Se pose alors la question d’une nouvelle répartition des domaines de compétence. De nouvelles sciences, comme les sciences de la conception et les sciences de l’artificiel, mettent en cause non seulement la coupure qui s’était instituée, dès le XIXe siècle, entre les sciences de la nature et les sciences humaines, mais aussi le partage des tâches entre les sciences théoriques et les sciences appliquées. La sémiotique n’échappe pas à cette redéfinition d’ensemble; bien plus, son ambition épistémologique veut inscrire la codification du monde des phénomènes dans des processus producteur de sens; elle situe ainsi son apport dans le champ des différentes connaissances comprises comme capacités à saisir un objet comme occurrence d’un type général. 

.....Il s’agissait aussi de s’interroger sur le passage de l’aisthésis du monde sensible au calcul du monde rationnel, sur la place des codes non verbaux dans la connaissance de la réalité matérielle, comme sur l’espace et le contexte de la fonction sémiotique. L’espace, comme limite et comme principe, institué en modèle, permet de reconnaître un contexte de phénomènes. L’étendue est la substance qui une fois informée et transformée par l’homme devient espace, forme susceptible de signifier du fait de ses articulations. Le contexte intervient dans l’économie même de la communication verbale; en le reconnaissant comme un fragment de la réalité matérielle, en le déterminant par des limites spatiales, on reconnaît une identité numérique à un objet. L’espace est la condition du multiple. 

.....La thèse que nous avons pour ce qui nous concerne développée est que la sémiotique de l’espace est au fondement même de toute sémiotique, puisque la séparation, base de tout espace, précède l’ordre, base de tout argument; et la composition, unification du divers, préexiste à l’inférence, calcul sur le multiple. Le processus sémiotique se déroulant dans un espace est un passage, un échelonnement et une tension entre nature et culture; mais il est aussi une médiatisation. L’espace est alors conçu comme trame et recouvrement de la réalité. Cette thèse situe l’espace de la sémiotique entre culture et nature comme entre forme et substance. Ceci étant, dans l’espace, la relation d’investissement (de contenu à contenant) se double d’une relation d’exclusion (d’intérieur à extérieur). Il s’agit dès lors de discuter l’hypothèse selon laquelle l’exclusion de la nature, le corps perdu, déplace la spatialité contemporaine du sens au non sens.

 

.....A Urbino, en 1998, nous avons plus spécifiquement traité des rapports entre sémiotique de l’espace, sémiotique de l’image et sémiotique du texte littéraire. Il s’agissait ainsi de présenter différentes thèses développées en sémiotique sur les rapports entre topos et logos. Il s’agissait d’une part de présenter différentes thèses développées en sémiotique sur les rapports entre choros ou topos et logos ou muthos, de discuter de la structuration des relations spatiales dans les langues naturelles et de saisir comment l’espace fonctionne dans le discours, comment il est un lieu d’assomption et de distanciation du narrateur ; on chercha à comprendre les modes selon lesquels des espaces de références mesurent des espaces objets en servant d’instruments à des espaces d’énonciation et comment la structure des langues naturelles y pourvoit.  Les modalités selon lesquelles la spatialisation du langage et la verbalisation de l’espace se renvoient l’une à l’autre ont été abordées notamment dans les façons selon lesquelles les antécédents et les conséquents s’articulent à des configurations spatiales et trouvent des surfaces d’exposition dans des espaces d’allusion. 

.....Il s’agissait d’autre part de comprendre comment les énoncés iconiques s’opposent ou s’articulent à des énoncés textuels et comment l’espace du texte peut être exposé dans des figures qui le mettent en scène et font image; ou encore comment le parcours du texte peut être exposé et condensé dans une image. On a ainsi traité des modalités spécifiques de représentation de l’espace propres au texte et à l’image, et l’on a cherché à comprendre en quoi visualiser une signification ne se réduit pas à la manifester dans un texte. Il s’agissait ainsi de discuter des travaux récents sur l’icône et de montrer en quoi la sémiotique de l’image ne peut se ramener à une sémiotique des objets du discours.  

.....A Dresden, en 1999, nous avons organisé plusieurs sessions de sémiotique de l’espace au sein du congrès de l’International Association for Semiotics Studies. Du fait même de leur complexité, les systèmes complexes, objets du congrès, comportent des tensions qui ne font pas toujours sens. Inscrits dans un processus  sémiotique, ils peuvent être envisagés de plusieurs manières ; mais la production du sens y est d’autant plus difficile à saisir que la complexité y est grande. La complexité s’oppose à l’économie. Les systèmes qui permettent de communiquer un sens complexe sont porteurs d’une puissance de réduction. Inventées au cours de la genèse des sociétés, animales ou humaines, les formes de sémiose ne manquent pas qui ont permis d’articuler le sens produit sans en réduire à l’outrance la complexité. Pour tout organisme, réduire la complexité des faits environnants est une condition de survie. Tout organisme se fait un modèle de son environnement. La capacité de réception de l’information dépend de la capacité de traiter la matière informationnelle. Pour l’être humain, organisme évolué, le processus sémiotique est complexe parce que le sens ne se produit pas de façon univoque et ne se dévoile pas sans interprétation. L’être humain élabore des modèles de l’environnement et des règles de comportement  qui lui permettent de prévenir l’inattendu.  

     La multiplicité culturelle et l’écart qui s’impose entre cultures traditionnelles, classiques et modernes ou contemporaines, l’impact (énorme) des media et de l’informatique, font que la compréhension des textes et des images sur l’espace est de moins en moins fiable. L’espace est de plus en plus virtuel, artefact permettant la manipulation d’objets irréels. On peut même envisager que l’on en arrive un jour à une société sans espace, ou du moins dans laquelle textes et images n’auront plus de relations réelles (ou seulement religieuses ou mythiques) avec la vie quotidienne. On s’est ainsi dès lors interrogé dans ce congrès sur les transformations de l’espace qui le mettent en abîme, comment textes et images de l’espace participent d’un procès rhétorique et politique où, dépendante d’un pouvoir médiatique, la culture se transforme en reproduction industrielle du même, fabrication de séries programmées sur des réseaux abstraits, sans coopération textuelle du spectateur, ni même de l’acteur. 

.....A Barcelone, en 2000, à l’invitation de l’Association des architectes catalans, nous avons eu un colloque organisé autour des rapports entre l’architecture, la sémiotique et les sciences humaines ; les présentations ont traité de l’efficience du projet architectural dans la topogenèse, comme de la synthèse des formes  dans la genèse des lieux. Deux questions principales ont été examinées. Premièrement la relation entre les systèmes sémiotiques, l’architecture et les stratégies de design dans la pratique des architectes. Deuxièmement les implications des sémiotiques de l’architecture dans l’éducation des architectes. Pour répondre à la première question on s’est interrogé si et dans quelle mesure toute pratique de l’architecture est un processus sémiotique; pour y répondre les intervenants ont traité de différentes approches du processus du projet architectural. Pour ce qui est de la deuxième question, pour comprendre ce que la sémiotique peut apporter à l’enseignement de l’architecture, on s’est demandé comment l’enseignement de l’architecture peut être un processus sémiotique interactif. 

.....IA Québec, également en 2000, à l’invitation de l’Association Internationale de Sémiotique Visuelle, reprenant la question de la complexité plus économiquement, en l’envisageant dans une interactivité systémique, un colloque sur la sémiotique de l'architecture a traité de l’articulation de ses dimensions visuelles, gestuelles, conceptuelles.  Plusieurs communications ont traité de la sémiotique des conformations visibles de l’architecture et de leurs relations possibles aux configurations visualisables de l’habiter. Dans la mesure où la sémiotique de l’espace peut s’inscrire dans une sémiotique de l’action, les questions ont notamment été celles de la prégnance de l’image comme instrument de figuration dans les pratiques sociales, du statut de la figuration et de la présence du sujet dans l’énoncé figuratif. Le colloque s’est aussi interrogé sur l’image non figurative et la conceptualisation de l’espace ; il a montré en quoi la sémiotique de sa composition n’est pas la sémiotique de la verbalisation de l’image, de son commentaire ou de sa description. Il a aussi examiné en quoi l’espace des objets du monde naturel n’est pas réductible à l’espace de l’image, comment la nature s’oppose à l’artifice. 

.....A Carthage, en 2001, sur le thème de l’intersémioticité  de l’espace architectural, en son être, son paraître et sa fiction, nous avons repris la discussion sur la complexité du sens et des pratiques de l’espace. Dans les termes proposés par les organisateurs du colloque, on trouve de nombreux points de vue sur l'espace architectural. Tout d’abord on peut considérer que celui-ci n’a pas seulement pour limite le solide d'englobement des lieux qui le composent. Il ne se réduit pas à la conformation physique de l’édifice. Certes, celle-ci peut être appréhendée, avec juste raison, par une sémiotique plastique ou une sémiotique planaire, voire également par une sémiotique visuelle.  

.....Diverses approches particulières de la "sémiotique locale" de l’espace bâti (appelée ainsi par différence avec ce qui pourrait être une "sémiotique globale" de l’architecture) prennent appui sur les plans dressés des édifices ou sur tout autre système de représentation graphique ou iconique, en mode réel ou virtuel. L’évidence formelle des dessins d’architecture permet de construire une sémiotique des conformations physiques, bâties ou simplement anticipées, où les marques spatiales sont d’emblée privilégiées aux marquages temporels et plus encore actantiels.  

.....Mais la sémiotique de l’espace peut aussi traiter de la complexité physique et sociale en examinant les rapports praxéologique et proxémique entretenus par les acteurs sociaux avec l'espace bâti mais aussi avec les lieux qui le constituent, le milieu interne qu'il englobe et celui externe qui l’environne. Dans ces conditions d’existence d’un espace socialisé, prend alors naissance une sémiotique des configurations de vie, qui sont inscrites dans les composantes biomatiques du milieu physique et ancrées (mieux encore "engrammées", parce que relevant d'une grammaire) dans la conformation matérielle de l'espace édifié. Cette sémiotique prenant en charge simultanément temps, espace et action, se situe ainsi, aux confins du visible et de l'invisible. Cet invisible peut accéder à l’évidence et prendre figure dans les représentations différenciées des configurations sémiotiques, décelables dans la conformation de l’espace, que celles-ci soient d’ordre pragmatique ou symbolique. 

.....Le colloque a cherché à saisir en quoi ces considérations sur l’espace architectural et sur les sémiotiques locales se conjuguent, pour tenter de constituer une sémiotique globale de l’architecture. Il s’est demandé si l'intersémioticité des composantes de l’espace architectural, à ses divers degrés, peut être ramenée à une intra-sémioticité propre à l’espace architectural, assumée par le caractère syncrétique de la sémiotique globale de l'architecture. Cette sémiotique syncrétique, devrait être le lieu d’une articulation possible avec les approches sémiotiques d’autres disciplines, concernées à divers titres par l’espace architectural, sinon en son être, tout au moins en son paraître, voire en sa fiction.  

 

.....A Barcelone 2004, à l’invitation du Congrès International Architecture 3000, nous avons tenu un colloque sur l’architecture de l’in-différence. Pour traiter de l’indifférence,  nos interventions montré que l’on doit aussi traiter de différence, d’inférence et de référence, qui sont en quelques sorte des outils de la conception architecturale. Tout d’abord, du point de vue sémiotique, en termes de différence, on peut se poser la question de l’ouvre architecturale comme simulacre ou objet idéal. Quel rapport  peut-il y avoir en architecture entre réalité  et virtualité, ou encore entre objet réalisé et virtuel ? Quand on traite de différence, d’inférence ou de référence, quel rapport fait-on à la réalité virtuelle ? Est ce que c’est un rapport de l’ordre de ceux qu'il peut y avoir entre forme et substance ? Est ce que les différences sont dans la réalité ? Ou bien est ce que les différences sont dans la connaissance elle-même ? Est ce que les discontinuités sont dans la réalité matérielle comme différences ? Ou bien, est-ce que ces discontinuités sont le fruit de l’acte architectural ?  

.....Pour ce qui est de la notion  de « l'indifférence » la sémiotique permet de la comprendre avec son double sens : « indifférence » au sens premièrement de non-différence et« indifférence » au sens de  non intérêt pour (on a, en français, les deux notions qui sont comprises sous le même terme). Quelqu’un qui est indifférent, c’est à dire qui ne porte pas d’intérêt à quelque chose qui se passe, pense que cette chose n’apporte pas de différence ; non intérêt correspondant alors à l'idée qu’il n’y a pas de différence qui puisse être pertinente pour lui, si je prends cette première acception de la différence comme étant dans la réalité du phénomène. Et en termes d'architecture d’aujourd’hui, que veut alors dire être différent, être un artiste reconnu, différent des autres, ou bien, paradoxalement, être indifférent et produire une architecture banale ?  

.....Mais en architecture, pour traiter de différence et de non-différence, on se sert aussi de «références». Or, du point de vue sémiotique,  la référence peut être définie comme la mise en rapport de deux conceptions, de deux représentations du monde, de deux idéologies, de deux idées, de deux façons de retenir certains traits dans la réalité. Donc la mise en rapport est ici une mise en rapport qui joue sur la présence et l’absence,  c'est-à-dire que l’architecte est en train de dessiner quelque chose et se rapporte à quelque chose qui est absent, qui n’est pas  le dessin qu’il est en train de dessiner. Et donc, il est en train de faire une opération qui est de l’ordre du paradigmatique en sémiologie saussurienne, et donc de travailler sur des associations d’idées entre des termes qu’il inscrit provisoirement, pas immédiatement dans le même concept, mais plutôt dans le même tiroir, au sens de la logique naturelle (parce qu’il s’agit de logique naturelle, une logique engagée dans un processus de production). Et puis, il va progressivement, peut être, faire de ce tiroir un concept en trouvant une compréhension  au fait qu’il a mis tous une série de ses dessins dans le même tiroir, qu'il les a rangé au même lieu de sa conception. Et puis, lorsqu’il procède à ce travail-là, il est en train de fabriquer ce que l’on a appelé à une certaine époque, un modèle en architecture, un objet idéal ; mais, là, l’objet idéal est en projet. Et c’est ainsi étrange en architecture que l’on puisse utiliser un modèle pour fabriquer quelque chose, alors que ce modèle n’existe pas encore. Et bien précisément, c’est parce que l’architecte travaille de cette façon étrange où, au début, ce sont des associations d’idée auxquelles il procède, puis cela va devenir progressivement réellement des opérations de substitution paradigmatique dans une composition avec des variantes possibles, dans un système cette fois-ci déjà là. 

.....A STRASBOURG, EN 2004, À L’INVITATION DE L’INSTITUT NATIONAL DES SCIENCES APPLIQUÉES, SUR LES FORMES DU PATRIMOINE ARCHITECTURAL, L’OBJET DU COLLOQUE A ÉTÉ CELUI DU SENS DE LA FORME : QUELS RAPPORTS PEUT-ON ÉTABLIR ENTRE FORME, SENS ET SUBSTANCE DU PATRIMOINE, EN QUOI ET COMMENT UNE FORME EST-ELLE « INVESTISSABLE » DE VALEURS, DE CONNAISSANCES ET DE PRATIQUES PATRIMONIALES?  

.....Un débat sur les conceptions du passé dans l’espace des professions du projet architectural a eu lieu, allant de la conception d’un objet émergeant dans un éternel présent, et dans une invention toujours renouvelée par la genèse des systèmes techniques, jusqu’à la conservation d’une relique sacralisée, inscrite dans un récit historique où le présent se trouve mis à mort pour en faire un passé. Il s’agissait, en discutant de l’opposition entre discours instaurateur et discours restaurateur d’un espace architectural, de comprendre comment une société construit son axiologie et le rôle respectif de l’invention des objets techniques et de l’histoire dans cette construction.  

.....Entre le pouvoir de l’oubli et le devoir de mémoire, la genèse des formes leur permanence et leur transformation articulent de façons différentes temps et récits ; et c’est bien quand la mémoire faiblit que l’on ressent le besoin de l’archivage, et quand l’objet technique perd de sa valeur d’invention que l’on met en valeur son archive. La théorie sémiotique du patrimoine est donc une théorie de la valeur des formes architecturales, de leur invention à leur archivage, comme de leur projet à leur rejet.

.....La forme architecturale est déterminée par ce qui persiste sous le changement et la diversité des représentations. La forme n’est pas un simple contour figé, mais un principe d’animation. La forme relève d’une dynamique. Si elle émerge des relations entre les termes constants d’une organisation, de leur distribution, elle est aussi le fruit d’une intention, d’un projet de composition.  

.....Traitant sur des cas choisis des rapports entre forme, sens et substance du patrimoine architectural, les exposés ont ainsi visé à mieux comprendre leur articulation, saisir en quoi ils s’inscrivent dans l’instauration d’une coupure, dans une sémiotique du temps autant que de l’espace humain. Les discussions ont reposé la question de la constitution des modèles en architecture, de la reproduction qu’ils supposent et des transformations qu’ils rendent possibles, des règles de composition, de décomposition et de recomposition qui les structurent et des variantes contextuelles qu’ils admettent. 

.....En 2007, à Helsinki, en marge du congrès de l’International Association for Semiotics Studies,  pour éviter de nous disperser dans une multiplicité d’approches mal réunies, et réserver nos travaux à l’étude sémiotique du projet, notre Association a tenu un colloque sur l'espace et le  temps du projet dans la fabrication du monde contemporain, sa complexité, ses ambiguïtés, ses contradictions.  

.....L'espace et le temps comportent chacun leur propre dialectique : celle du rapport à l'autre agit dans l'espace, celle du rapport à soi dans le temps. Leur croisement produit une articulation primordiale du sens de l'existence, moi, par opposition à l'autre, ici maintenant, par opposition à ailleurs, autrefois ou dans le futur. Cette articulation est générale, à la base de toute sémiotique. Des communications ont montré comment cette articulation est prise en charge dans des domaines tels que ceux de l'architecture, de la littérature ou des arts, comment sa manifestation dans un artefact met en jeu une autre articulation, celle de l'être et du paraître.  

.....L’architecture et les arts contemporains ont cherché à dissocier l'espace et le temps, à déconstruire l'ancrage de l'espace sur le temps, pour le reconstruire hors de la métaphysique de la modernité comme de celle de la tradition. Plutôt que de vouloir équilibrer les rapports entre parties et tout, l'architecture contemporaine a cherché à saisir la puissance de réduction des règles et des modèles qui les génèrent et comment le tout se retrouve schématisé dans les parties qui le composent. 

.....A la pureté des formes achevées elle a substitué l'imperfection des fragments inachevés, aux postulats du formalisme fonctionnel elle a répondu par une conception hybride de l’ordre, à la simplicité des figures géométriques elle a opposé la complexité des interactions entre codes et contextes. Ainsi, l'écart entre les proposition faites par les architectes contemporains, notamment dans leur rapport à l’histoire, ne résulte pas tant d'un "misunderstanding" que d'un travail sur la déconstruction des codes et des langages, non seulement pour en saisir les principes formels universels, mais aussi pour comprendre comment ces principes peuvent s'inscrire dans la fabrication des lieux de notre existence sans en défaire le sens.  

.....Face à une époque de mondialisation qui risque bien de renforcer à terme les décalages entre les formations sociales territoriales, le colloque a réaffirmé l'universalité de la pensée artistique et scientifique. Il s'agit à notre sens, aujourd'hui, non pas de reproduire des coupures entre tendances et grammaires normatives nationales ou internationales, mais de saisir en quoi et comment les différents projets d'espace et les cadres de référence, les espaces et les temps qu'ils respectent, s'inscrivent ou non dans une structure qui soit générative d'une nouvelle universalité.  

.....De manière générale, notre Association a dès lors voulu intégrer dans ses objectifs les sémiotiques du temps, en les articulant à celles de l’espace. Elle a ainsi ajouté le temps à sa dénomination et porte depuis lors le titre d’Association Internationale de Sémiotique de l’Espace et du Temps (AISE+T). 

     

.....A Lisbonne, en 2011, à l’invitation de l’Association Internationale de Sémiotique Visuelle, nous avons traité de l’urbanisation du temps et/ou de la désurbanisation de l’espace.  

.....L’urbanisation de l’espace implique le mouvement et l’accélération des vitesses de déplacement. C’est dans l’espace que le rapport de deux états du mouvement, précédant et subséquent, permet de saisir la vitesse. Pour mesurer leur vitesse, les déplacements sont rapportés aux emplacements : c’est l’espace parcouru par chacun d’un instant à l’autre qui est la mesure relative des mouvements. L’espace est alors mesurant et le temps mesuré ; le rapport de mesurant à mesuré est l’articulation sémiotique première de l’espace et du temps. Ainsi, dans l’urbanisation l’espace et le temps sont intrinsèquement liés, mais leur articulation peut être de forme diverse selon les systèmes de valeurs dans lesquels ils prennent sens. Etudiant l’articulation de l’espace et du temps, la sémiotique interroge ces systèmes de valeurs, leurs permanences et leurs transformations. 

.....Face aux démesures de la mondialisation (changements d’échelles, objets virtuels, espaces complexes et temps d’incertitude), l’opposition entre accélération des transformations historiques contemporaines et volonté d’un développement durable (changement du rapport entre l’immédiat et le différé) nous invite à nous interroger sur les rapports entre le temps de la rupture et celui de la longue durée. Nous nous sommes demandés est-ce que ces rapports sont à inscrire dans la succession des époques ou, au contraire, sont-ils superposés, interférant l’un avec l’autre, se donnant sens l’un à l’autre ? Dans cet espace apparemment mondialisé de l’époque contemporaine, l’événement historique est-il le symptôme d’un changement de structure en profondeur, d’une époque à une autre, ou un acte figuratif superficiel s’exprimant dans une manifestation certes urbaine mais déréalisée ? 

.....De manière générale la question est de savoir si et quand les différentes temporalités humaines s’enchaînent selon une adéquation causale, échappant au libre arbitre, ou, au contraire, peuvent s’articuler dans une adéquation quant au sens échappant à toute détermination globale. 

.....A Kaunas, en 2017, se rapprochant à nouveau des travaux et réunions scientifiques de l’International Association for Semiotics Studies, nous avons organisé une session portant sur la sémiotique et la théorie des formes : formes de perception, formes de mémoire, formes d’invention.

.....La session a d’abord rendu hommage à notre collègue, premier président de notre Association, le professeur Martin Krampen décédé il y a quelques mois. Martin a été professeur dans de nombreuses universités, mais d’abord à la Hohschule für Gestaltung d’Ulm, héritière du Bauhaus et de son ambition universaliste. Behavioriste autant qu’artiste, il a travaillé à l’articulation de la psychologie de la forme à une sémiotique générale qui se développait au-delà du champ de la seule linguistique ; contribuant à l'édification d'une sémiotique de l'espace, il a non seulement exploré et formalisé, de façon innovante et méthodique, les processus du design industriel et du projet architectural, mais aussi insisté pour que soient étudiés leurs articulations à des dimensions animales et végétales de la sémiosphère.  

.....Située dans cette perspective, la session que nous avons par suite tenue dans ce congrès « cross – inter – multi – trans » sémiotique s’est inscrite dans le cadre fixé par l’IASS pour son propre colloque de Kaunas 2017. Prenant en compte les différents travaux des auteurs qui ont proposé un exposé, la session a traité des formes sémiotiques liées à des processus de formation et des échelles de pertinences distincts dans la production et la pratique de l’espace humain. La première partie des travaux de la session s’est centrée sur la perception, la proprioception et l’extéroception des formes de l’espace, depuis les formes premières de l’aisthésis jusqu’aux formes évoluées de la culture de l’espace corporel et de son environnement, de leur figuration, de leur description et de leur narration. La seconde partie, s’est portée sur le sens de l’espace comme résultant d’un projet, d’une modélisation autant que d’une intention de faire sens, elle a abordé à ce propos non seulement les formes et les processus hérités du passé du projet architectural, mais aussi des formes et des processus contemporains, développés avec de nouveaux media implémentant une intelligence artificielle, une géométrie paramétrisable, une logique et un raisonnement calculable. La troisième partie a recueilli les résultats des deux premières pour viser à les intégrer à des travaux portant sur des formes émergentes dans l’histoire longue de la formation des villes et des territoires, mais aussi dans l’espace de la globalisation contemporaine, des formes dont le sens peut, pour un temps du moins, échapper à la perception que les acteurs ont de la scène de leur vie quotidienne ; pour chercher à trouver comment leur sens se développe et restituer la complexité des formes saillantes, la session s’est interrogée sur leur prégnance dans la sémiose de l’espace contemporain. 

.....A Moscou, en 2018, à l’invitation de l’Académie des Arts de Russie, nous avons organisé un colloque sur l’hétérotopie et sémiotique des paysages culturels. Un paysage culturel fait partie d’une sémiosphère, résultat et catalyseur des processus de la genèse culturelle et d’une sémiose laissant des traces dans l’espace sous la forme d’objets matériels, de systèmes d’images, de métaphores et de signes. Le paysage culturel est organisé selon les codes de modélisation sémiotiques de la culture et devient ainsi le conservateur et le producteur des codes cognitifs. Le discours de l'espace dans la culture (au sens le plus large, d'un lieu à un cosmos) est exprimé dans des paysages culturels. 

.....According to many interpretations, it is a structure, that is to say, the natural landscape is considered as a substratum on the basis of which the economic, social, cultural and eidetic spaces are constructed. The complete set of meanings and symbols, the saturation of a "packed" time (transitivity and dynamism), timelessness and eternity, the sacred and transcendent meanings, give the cultural landscape the properties of semantic flow, transformation of symbols and signs; its movements in space occur because of the evolution of temporal values and the realities of culture.

.....Des présentations faites à ce colloque ont abordé l'espace virtuel des médias électroniques dans une approche de l’hétérotopie de notre environnement technologique, régi par sa propre logique spatiale tout en assurant une interface transparente avec l’étendue matérielle et l'existence sociale. Cet interfaçage est un espace hybride d'autant plus exigeant que la plupart des références de base structurant l'espace physique et culturel ne s'appliquent pas à l'espace virtuel.

.....Les discussions ont porté sur les processus hétérotopiques de sémiose dans le paysage,  l'hétérotopie en tant que lieu de concentration d'altérité de culture, la visualisation (démarcation) de l'altérité dans le paysage, les lieux de mémoire et d'intemporalité, l'architecture en tant que facteur de formation du sens du lieu, les images visuelles et virtuelles de paysages, les nouveaux espaces hybrides. 

.....Lors de cette conférence, nous avons ainsi examiné les questions de paysage culturel en tant que système symbolique, les hétérotopies en tant que marques émergentes dans le contexte de ce système, ainsi que le problème de la représentation visuelle de ces signes et systèmes dans l’art et l’architecture. 

     

.....A Erevan en 2019, nous avons traité de l’être et de l’apparaître, de la permanence et de la transformation de l'espace dans le temps sous l’action de la performance. La performance est un fait de la culture qui met en corrélation l'être et l'apparition, traduisant la permanence et la transformation de l'être en permanence et  transformation de l'espace et du temps. Dans le domaine de l'art, cela fonctionne en traduisant les pratiques sociales en mécanismes de jeu. La performance produit un type ouvert de texte et d'intertexte, dont la structure est formée dans une synthèse de différents types de pratiques et dans l'extension des limites d'une forme d'art particulière. Ses unités structurelles - unités synthétiques de textes différents - peuvent être combinées en un signe intégral ou exister séparément et également en raison de leur nature symbolique différente. La double nature de la performance détermine sa textualité et sa physicalité. La performance est une «écriture corporelle» dans l'espace de la culture moderne. 

.....En raison de la performance, les significations des espaces peuvent pulser dans le temps. Les significations statiques du paysage culturel se développent sur une longue période historique ; mais tout à coup, quelque chose se passe (changement culturel), qui change complètement la sémantique des lieux ; dans l’espace une action rapide éclaire d’une manière nouvelle les sens du lieu. L'événement est associé à un modèle particulier de perception et d'analyse du texte-performance, inscrit dans une expérience esthétique en tant qu'œuvre d'art ; il se produit aisni une connexion de composants conceptuels et sensuels dans l'espace. 

.....Les composantes verbales et plastiques du texte de la performance interagissent sur les modèles structurels des unités artistiques indivisées, des interpénétrations organiques, de la coexistence autonome des oeuvres. C'est dire l'ampleur du choix de l'artiste, pour un événement culturel agissant en tant que créateur d'une polyphonie de significations. 

.....The verbal and plastic components of the text of the performance interact on the structural model of undivided artistic units, organic interpenetrations, autonomous coexistence of the works, polyphony of meanings.

.....Dans ce colloque, les participants ont ainsi considéré les problèmes des paysages culturels comme systèmes de signes, la performance comme un moyen de changer les significations dans le contexte de ces systèmes, le problème de la représentation visuelle de ces signes dans le système des arts. 

.....Ainsi, de manière générale, depuis quarante ans, les contributions des chercheurs aux différents congrès, colloques et autres réunions scientifiques de notre Association ont répondu aux questions générales de la production du sens en les traitant en les reliant à des dimensions d'espace et de temps:. 

.....• Le sujet de l'énonciation, la constitution du "moi", le même et l'autre dans l'espace et le temps.

.....• La représentation de soi et la représentation de l'espace. 

.....• La pragmatique, l'adaptation de la structure au contexte. 

.....• L'articulation de codes spatiaux hétérogènes, le geste et le mot, le mot et l'image.

.....• La présupposition et l’imbrication de signes dans l'espace et dans le temps, l'icône, le symbole et l'index.

.....• La superposition et la transformation des structures spatiales, les grammaires génératives et les grammaires de forme.

.....• L’émergence des formes et les modes d'inférence, déduction, induction, abduction. 

.....• La présence ou l'absence de référence, la fiction et la virtualité de l'objet. 

.....• L’intertextualité, la dialogie et l’interprétation de l'espace et du temps.

.....• La calibration, le calage et le décalage d'un processus sémiotique sur une structure existante.

.....• L’espace et le cadre, la disjonction et la conjonction, l’intérieur et l’extérieur.

.....• La segmentation du temps et du rythme, de la scène et de l'acte. 

.....Les réunions, colloques et congrès de Sémiotique à venir, verront notamment se développer, certaines plus que d’autres, les perspectives qui ressortent des travaux récents des chercheurs dans le domaine de la sémiotique de l’espace et du temps. Notamment les questions de l’unification autant que celle de l’ouverture de la discipline, de la complexité autant que de l’économie des modèles, de la diachronie autant que de la synchronie des codes étudiés seront prépondérantes pour l’avenir des recherches dans le domaine. 

.....À l'avenir, les chercheurs organiseront leurs contributions comme ils ont déjà tendance à le faire par la magie de l'Internet. Ils vont donc, ne serait-ce qu'implicitement, se répondre directement dans des directions remarquables. Néanmoins, il est possible d’esquisser un programme de base, qui pourra être mis en œuvre et défini sur des dimensions telles que: l’espace, le lieu, la forme, la fonction, la structure, la figure ... On peut inclure dans ce type de programme le développement d'une histoire des idées, non seulement de l'héritage du langage, mais aussi des idées d'autres domaines, tels que ceux développés par des auteurs de référence en architecture, iconologie, psychologie et philosophie de l'art. Une partie de la recherche présentera de manière contrastée l’espace disponible pour différentes civilisations et sociétés. On trouvera également un domaine de recherche où les différentes formalisations contemporaines seront élaborées et discutées: modèles, systèmes, concepts, spécifiques aux courants reconnus. Un ensemble d’œuvres traitera plus spécifiquement de différents objets et domaines de recherche spécifiques à des pratiques telles que la peinture, la sculpture, l’architecture, la littérature, le théâtre, le cinéma, la danse. D'autres seront ouverts à l'interdisciplinarité, à l'interaction entre la sémiologie et des disciplines telles que la sociologie, la psychologie et la zoologie. Les sciences cognitives et neuronales devraient permettre à la sémiotique de vérifier, de corriger et de développer la description et l’explication qu’elle donne du processus de sémiosis de la sensation, de la première réception jusqu’au sens complet de la compréhension de l’espace et du temps. Ce type de travail montrera également l'apport de la sémiologie à d'autres disciplines et aux reformulations qui en émergent. 
 L’ensemble des perspectives que j’esquisse ici, uniquement pour indiquer des points de repère, n’offre qu’une métaphore architectonique des travaux des chercheurs pour les décennies à venir. Mais après tout, l'architecture peut être comprise comme n'étant qu'une immense métaphore; et un aperçu de l’architecture du sens, des codes et des langages ne peut que l’être, plus ou moins.

 

P. P. 01.03.19

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